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Posté par Pierre Brian Imart le 2016-10-24 dans

« Les fridges m’ont rappelé ce que c’était de vivre en communauté » -Catherine Adam

Cette semaine, Eatizz a rencontré Catherine Adam, l’initiatrice d’un frigo communautaire situé à Montréal rue Amherst (voir Fridge Amherst). Dans cette interview, Catherine vous explique le concept et partage sa vision d’un fridge communautaire.

Un concept inspiré du « food-sharing » à Berlin

« C’est la même chose qu’un frigo à la maison, mais au lieu d’être chez vous, il est installé dans un lieu public. C’est tout simplement ça, un frigo communautaire.
On y dépose et on y prend de la nourriture, gratuitement »

À Montréal, le tout premier frigo a vu le jour en avril 2015 sous l’impulsion de deux citoyennes préoccupées par le gaspillage alimentaire, screen-shot-2016-10-17-at-4-02-26-pmJessica Dufresnes et Émilie Papineau. L’idée a été inspirée par le « food-sharing », un mouvement berlinois né en 2012 à l’origine d’une plateforme d’échange de nourriture qui a évolué avec l’ajout de frigos en libre-service à travers la ville. Ce mouvement contribue à nous faire réfléchir sur notre façon de consommer. Catherine croit que « l’apparition de frigos communautaires à Montréal, et à travers la province du Québec, a le potentiel de produire le même effet de sensibilisation qu’en Allemagne et dans d’autres pays Européens ».

Catherine explique comment les frigos évitent de gaspiller de la nourriture tout en générant de l’entraide: « Par exemple, vous partez en vacances et votre frigo est encore plein ? Vous pouvez déposer dans un frigo communautaire la nourriture qui risquerait d’être gâchée. D’autres personnes pourront en profiter. Plutôt que de jeter, partageons ! ». Catherine précise toutefois que « le frigo communautaire n’est pas une banque alimentaire, c’est un appoint. Il n’y a pas de quoi faire une épicerie complète au frigo. »

« Il faut arriver à réintégrer ce processus dans notre système ». La culture du frigo communautaire n’est pas innovante, les autochtones pratiquaient déjà le concept au Canada lorsque les chasseurs qui avaient trop de viande distribuaient les restes à ceux qui en avaient moins. Depuis la révolution agricole, les pays développés comme le Canada possèdent plus de nourriture qu’on pourrait consommer et vivent dans une abondance qui n’est pas sans conséquences. Il est important de s’orienter vers des solutions durables et prendre conscience des bénéfices du partage. Des initiatives comme les frigos communautaires participent, à leur échelle, à influencer les habitudes face à la surconsommation et aux inégalités.

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Le pouvoir citoyen

« Nous avons tous un rôle à jouer comme citoyens, tout en valorisant l’entraide et le partage. Le frigo est une façon pour nous de reprendre un pouvoir et s’impliquer plus concrètement ».

« Ce serait formidable de voir se créer un réseau de frigos pour multiplier les points de chutes partout dans la ville. Intégrer dans nos habitudes le réflexe de partager de la nourriture dans un frigo communautaire, ça voudrait dire que nous aurions pris acte de notre capacité à contribuer positivement à l’échelle de la société ».

« Si les distributeurs commencent à exercer une pression sur les producteurs pour cultiver des fruits et légumes « moches », cela causera un problème car ce n’est pas naturel d’en cultiver. Les fruits et légumes « moches » représentent environ 10% de la production totale. Il est clair qu’il ne faut pas jeter ces 10%, il peuvent être réutilisés pour nourrir les animaux, les hommes et même produire de l’énergie, mais il ne faut pas commencer à les cultiver non plus ».

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Un mouvement d’échange qui nous rend plus humain

Ouverts à tous, les frigos génèrent un élan social qui crée des liens. Des citoyens se relaient bénévolement pour prendre soin de leur frigo de quartier : une chaine humaine se forme spontanément autour du frigo et s’organise. « N’importe qui peut décider de lancer un frigo dans son quartier et créer un espace de rapprochement au sein d’une communauté ».

« Le frigo est un outil très simple, qui nous ramène food for everyone, it's the way to do it, don't waste food, put it in a fridgeà l’essentiel, à la fraternité de la collaboration et de l’échange » souligne Catherine. « C’est une richesse au sein d’une communauté. S’entraider, se rendre service les uns les autres, procure une sensation qui fait vraiment du bien. »

« Au fridge Amherst, il y a des tas de gens que je n’aurais sans doute pas eu la chance de rencontrer autrement. On ne se connait pas, mais c’est bien la confiance en l’inconnu qui permet de collaborer et faire fonctionner le frigo. »

« On est très centrés sur nous-mêmes, il faut arriver à aller au-delà de cette zone de confort. On est obligés de faire confiance aux autres et ce lâcher-prise est tellement agréable. Le don de soi et la générosité des autres génère quelque chose de magique. » raconte Catherine avec le sourire. « C’est génial ».

L’évolution du communautarisme dans le monde du travail

La collaboration devient de plus en plus essentielle de nos jours. Il est très difficile de suivre une initative tout seul, il faut s’aider les uns les autres et créer des partenariats avec nos voisins. Aujourd’hui, énormément de jeunes entreprises ouvrent leurs bureaux dans des espaces de co-working afin de justement avoir cette proximité avec d’autres acteurs dans le secteur.

Pour plus d’informations sur les fridges communautaires à Montréal, visitez: https://www.facebook.com/entraideamherst/

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