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Posté par Pierre Brian Imart le 2017-08-10 dans

Le nouveau film de Netflix ‘Okja’ attaque Monsanto

Le film lourdement satirique «Okja» est sorti il y a quelques mois sur Netflix et vise à aborder les problèmes au sein de l’industrie de la viande. Mais le super-cochon éponyme peut-il avoir un impact sur la façon dont nous mangeons aujourd’hui?

Le scénario d’Okja est dans un futur proche où une compagnie alimentaire d’OGM nommée Mirando (parodie de Monsanto) tente d’adopter une stratégie révolutionnaire de marketing durable en créant un super-cochon génétiquement modifié: plus grand, plus gros, plus mignon et surtout plus savoureux. Au début, l’eponyme «Okja» -ayant une empreinte écologique supposément faible- est un énorme succès pour l’entreprise car cela lui permet de refaire sa mauvaise image. Avec l’arrivée du zoologiste Johnny Wilcox (Jake Gyllenhaal) et son équipe, Okja est retiré de sa famille et est renvoyé dans les mains de ses créateurs : la multinationale Mirando dirigée par Lucy Mirando, digne d’un cauchemar d’Orwell (Tilda Swinton), où son destin malheureux est scellé. Peu après, on apprend qu’un groupe d’activistes environnementaux maladroits dirigés par Jay (Paul Dano) viennent sauver le super-cochon et exposent Mirando pour ses méthodes immorales.


« Si c’est pas cher, ils le mangeront »

Okja est un film engagé dans lequel la propriétaire d’Okja, une jeune fille sud-coréenne nommée Mija, représente l’espoir. C’est sa détermination et son dévouement total pour sauver son cochon qui est au cœur du film. Le réalisateur Bong Joon-ho montre la fille comme la pièce manquante du puzzle dans le combat exposant Monsanto et l’industrie de la viande.

« Si c’est pas cher, ils le mangeront », déclare la PDG Lucy Mirando dans une scène révélatrice après avoir été confrontée à une situation malaisante vis-à-vis de ses produits.

Le film se déroule dans deux environnements très différents et crée un énorme contraste entre une Amérique corporative et une Corée du Sud naturelle. Le film commence à Manhattan, le «centre du capitalisme» selon Bong Joon-ho, où se trouve le siège de Mirando et où la nourriture est produite (ferme d’élevage des super-porcs).

Un belle bête avec un sombre message

Les récits de mise en garde ne sont pas nouveaux pour les fans de Bong Joon-ho, qui connaissent son style aux messages cachés dans ses récits cinématographiques. Le célèbre cinéaste sud-coréen est connu pour combiner des films d’action avec des scénarios d’horreur.

En 2014, Bong Joon-ho a publié un thriller post-apocalyptique Snowpiercer avec une forte signification politique, affichant le pire des déséquilibres de la société sur un train distópien à grande vitesse. En outre, ce n’est pas la première fois que Bong Joon-ho a un message environnemental dans ses films. En 2006, son succès The Host racontait l’histoire d’une créature des mers créée après que des déchets radioactifs aient été déversés sur une base militaire américaine.

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L’apparence physique d’Okja témoigne du débat controversé sur les aliments génétiquement modifiés (OGM). Okja est spéciale: une hybride monoparentale avec une certaine ressemblance à un lamantin (car ils ont l’air « incroyablement innocents et d’avoir un bon coeur », dit Bong). « Je voulais que Okja soit mignone. Grande mais charmante, timide et introvertie. Mais elle est un OGM et ce débat ne se limite pas qu’à la Corée, il est mondial », a déclaré Bong.

Est-ce qu’Okja est censé être un film « pro-végé »?

Bong insiste sur le fait qu’Okja n’est pas destiné à être une déclaration contre la consommation d’animaux.

« Dans mon film, la nourriture préférée de Mija est le ragoût de poulet. Je n’ai pas fait ce film pour qu’on s’oppose à la viande. Qu’une personne soit végétalienne ou non, il s’agit de choix individuels« , a expliqué M. Bong, ajoutant qu’il voulait que le public «témoigne et comprenne comment la viande était produite en masse. »

« Nous coexistons avec les animaux et nous devrions prendre le temps de considérer leur point de vue. La façon dont nous les traitons aujourd’hui est un phénomène très récent et n’est apparu qu’après que nous les avons inclus dans la production de masse« , a-t-il déclaré.

« C’est l’état du capitalisme aujourd’hui et c’est ce que je voulais transmettre ».

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